** Portrait Hommage ** Thérèse Clerc: La fondatrice des Babayagas : « La vieillesse, ce temps qui a magnifié »

 

09esc-clerc_0

Militante féministe de la première heure, la fondatrice de cette résidence autogérée pour femmes âgées à Montreuil, la Maison des Babayagas, est décédée mardi 16 février 2016, à l’âge de 88 ans.

 

• Militante féministe de la première heure, Thérèse Clerc, fondatrice de la Maison des Babayagas, résidence autogérée pour femmes âgées à Montreuil et de la Maison des Femmes, ouverte aux femmes de tous âges, victimes de violence, en insertion ou réinsertion, est morte à l’âge de 88 ans.
• Née le 9 décembre 1927, féministe engagée, elle avait milité notamment au Mouvement de la Paix, au MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception) ou encore au PSU.
• Chevalier de la Légion d’honneur, Thérèse Clerc, mère de 4 enfants, s’était battue pendant 15 ans pour la Maison des Babayagas, ouverte finalement en 2013, avec une vingtaine de colocataires âgées de 60 à 80 ans. Nous l’avions rencontrée en 2011.

Thérèse Clerc est chez elle à la Maison des Femmes de Montreuil. Elle a lâché son « bébé » il y a quatre ans mais papillonne toujours avec délice dans ce local un peu foutraque de la rue de l’Eglise, entre les plaintes et les rires des Montreuilloises.
A 84 ans, l’ex-militante du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement ou de la Contraception (MLAC) n’a rien perdu de sa hargne. « Je vois des femmes excisées toute la journée, parfois elles sont même infibulées. Il y en a qui accouchent et qu’on recoud après. C’est une horreur ! » s’indigne-t-elle, ajoutant avec gravité l’importance de ne pas lâcher le combat féministe :
On ne naît pas féministe, il faut parfois des années pour se rendre compte de l’enfermement imposé par les hommes. »
Désormais arrière-grand-mère mais toujours « chèvre folle », Thérèse Clerc a belle allure : pantalon ajusté, pull-over noir, large pendentif en argent. Son sourire est chaleureux, ses éclats de rire sonores. « Les bienfaits de la DHEA ! »explique-t-elle, moqueuse. Le signe, plutôt, d’une infatigable combativité !
Depuis neuf ans, elle se démène pour que soit construite, dans le centre de Montreuil, une maison de retraite révolutionnaire. L’ancien maire a donné le terrain, Christine Boutin – « formidable ! » -, quand elle était ministre du Logement, a débloqué 400.000 euros, puis le conseil général a suivi.
La Maison des Babayagas est quasiment prête à accueillir ses premières pensionnaires. « Il y aura un spa, des ateliers permanents, une université du savoir des vieux… Ce qu’on ne veut plus, c’est la boîte de chocolat et les parties de Scrabble ! » explique la retraitée militante, en balayant d’un revers de main les dissensions qui ont amené une bonne dizaine de ses comparses à quitter récemment l’aventure. « Elles ne voulaient pas que je ramène ma fraise de féministe. Pourtant les ‘Babayagas’ sont un projet politique, pas gérontologique. » Attristée mais pas abattue, Thérèse Clerc a repris son bâton de pèlerin, en quête de vieilles dames décidées, comme elle, à quitter la scène le poing levé.
Corinne Bouchouchi

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160216.OBS4778/therese-clerc-fondatrice-des-babayagas-eternelle-revoltee-est-morte.html

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s